L’actualité de l’association de Damien Seguin


A la découverte du Pot au Noir

22.11.2013

C’est une première pour Damien et Yoann. Au 15ème jour de course, les deux marins s’approchent de l’équateur et découvrent en ce moment même cette fameuse zone de Convergence Intertropicale, qu’on appelle aussi le Pot au Noir. « C’est une expérience » résume un Damien qui mesure toute la différence entre la théorie et la pratique.

 « Il n’y a aucun moyen d’anticiper, c’est au petit bonheur la chance » explique le skipper d’ERDF Des pieds et Des mains qui voit parfois le vent tourner à 360°. Son co-skipper, Yoann Richomme est lui aussi ébahi par cette bizarrerie météorologique : « A droite, il pleut des cordes. Derrière nous, c’est bouché et devant, on espère une petite éclaircie » observe ce passionné de météo. Car c’est bien la particularité du Pot au Noir que de réserver des surprises pour chaque mille parcouru. Un grain par ici, un orage par là et des variations de vent indescriptibles forment le quotidien de l’équipage depuis hier. Ils espèrent bien retrouver des conditions plus stables pour les prochaines heures mais ne veulent pas se risquer à des pronostics hasardeux. Damien a ainsi appris à se méfier des chiffres. Il y a à peine 24 heures, les écarts au sein de la flotte étaient réduits au minimum – moins de 100 milles séparaient ERDF du leader - mais ils ne font que s’étirer depuis que la tête de la flotte est sortie du Pot au Noir. 

Selon leurs observations, Damien et Yoann pourraient sortir du Pot avant la fin de la journée. Ils feront ensuite route vers l’Equateur où ils pourront ouvrir les bouteilles de champagne gardées précieusement au frais.


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Interview de Damien Seguin :
« On est en plein dedans. On vient de se faire rincer par grain et on vient de retoucher du vent. Parfois, ça tourne à 360 °, on passe du près au portant…  Il faut toujours une personne dehors pour surveiller les phénomènes mais ce n’est pas comme dans les livres. Il n’y a aucun moyen d’anticiper, c’est au petit bonheur la chance. En fait, tu choisis la porte d’entrée et après, tu te débrouilles. Quand tu as la chance de progresser vers la sortie, tu y vas mais ce n’est pas toujours le cas. On ne sait pas quelles valeurs donner aux chiffres. Hier, nous étions à moins de 100 milles du premier et aujourd’hui, c’est presque le double. C’est une sacrée expérience, c’est un peu la fête foraine. Tu mets des sous dans la machine et après, tu croises les doigts. Hier, on a réussi à changer les safrans. On espère avoir plus de sensations sur le grand bord de bâbord qui nous attend jusqu’à Itajaí. » 

Interview de Yoann Richomme :
« D’ici 15 heures, nous devrions être sortis du Pot au Noir. Il y a pas mal d’éclaircies devant. C’est très étonnant ici. Tu prends tous les types de nuages que tu peux trouver dans un livre et tu les mets ensemble dans le ciel. A notre droite, il y a une pluie torrentielle alors que derrière, c’est complètement bouché et que devant, on commence à apercevoir du ciel bleu. En plus, il fait très chaud et très humide. On a l’impression de dormir dans une baignoire, c’est très sympa ! »

Classement provisoire le 18 novembre à 9h38 UTC

1. GDF Suez – Sébastien Rogue – Fabien Delahaye à 2018 milles de l’arrivée
2. Mare / Jörg Riechers – Pierre Brasseur à 77 milles du leader
3. Campagne de France / Halvard Mabire - Miranda Merron à 98 milles
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9. ERDF - Des pieds et Des mains - Damien Seguin - Yoann Richomme à 198 milles