Gauthier Bril : "Mon handicap ne m’empêchera pas d’atteindre mes rêves !"

Gauthier Bril :

Publié le lundi 1 juillet 2019

L’association Des Pieds et Des Mains est heureuse de compter dans ses rangs une nouvelle Jeune Pousse ! Gauthier, 17 ans, hémiplégique de naissance, dispute cette semaine son premier championnat du monde paravoile à Cadix (Espagne). Guidé par sa passion, il marche sur les traces de Damien Seguin. Et rien ne semble pouvoir l’arrêter ! Présentation.

Dans les pas de Damien Seguin, à la conquête d’un cinquième titre mondial en 2.4, Gauthier observe, scrute avec attention les faits et gestes de son idole, qu’il a rencontrée pour la première fois lors d’une soirée organisée par Des Pieds et Des Mains, en mars dernier. Les yeux remplis d’étoiles, le jeune homme s’imagine sans doute déjà dans la peau de ce skipper, double médaillé d’or paralympique et candidat au Vendée Globe...

Sûr de sa force, sa différence

Après six années à écumer les critériums départementaux parmi ses camarades valides, dans les catégories "Dériveur", "Open" et "Hansa", Gauthier a changé de dimension cette année. Troisième du classement handi au championnat de France, sur le lac d’Annecy début juin, juste derrière Ange Margaron et Raphaël Bizieux, après avoir décroché en Autriche une belle dixième place au championnat d’Europe paravoile (cinquième du classement jeune), le voici aujourd'hui engagé dans ses premiers Mondiaux, à bord d’un Hansa 303 ! Sûr de sa force, sa différence.

« Gauthier respire voile ! Je crois qu’il n’est pas près de s’arrêter », nous a confié Sophie, sa maman, en marge des Teams de l’Erdre, le 17 mai dernier. Ce jour-ci, Philippe Bourdaud, le président de l’association Des Pieds et Des Mains, a remis à Gauthier un chèque de 750€ pour la saison à venir. Une aide précieuse qui lui permet de financer en partie ses déplacements et ses frais d’inscription aux compétitions.

« La voile l’a tiré vers le haut »

Adopté à l’âge de 5 mois et demi, le garçon, originaire de Corée du Sud, est arrivé en France en janvier 2002, au cœur de l'hiver. C'est lors de vacances d'été, dix ans plus tard, à Talmont-Saint-Hilaire en Vendée, là ou son grand-père adoptif réside, qu’il a goûté pour la première fois aux joies de la navigation, à l'occasion d’un stage de voile en Optimist. Le coup de foudre fut immédiat ! « Dès la rentrée suivante, Gauthier a demandé à ce qu’on l’inscrive dans un club, explique sa maman. Habitant à Nantes, on a choisi l’ANCRE, voyant que cette structure proposait la pratique handivoile. »

Son handicap, Gauthier l’a toujours accepté. Paralysé partiellement, du côté droit de son corps, « il ne s’est jamais plaint », poursuit Sophie. « Je manque juste d’un peu de force et de minutie au niveau de ma main droite », précise-t-il, ce qui rend les mouvements de préhension parfois difficiles. Qu’importe ! « Je me débrouille, je compense avec ma main gauche. Ce qui est sûr, c’est que mon handicap ne m’empêchera pas d’atteindre mes rêves ! » Des propos qui rendent évidemment fiers ses parents, comblés de voir leur fils assouvir ainsi sa passion. « Gauthier est tenace et volontaire, mais je sais que ça n’a pas toujours été facile pour lui de trouver sa place, à l’école notamment, raconte la maman. La voile l’a tiré vers le haut, lui a permis de s’épanouir socialement et de trouver une véritable force intérieure. Ce qui est magique avec ce sport, c’est qu’une fois sur l’eau, toutes les barrières tombent. »

La Mini Transat à l’horizon

Depuis quelque temps, Gauthier, qui prépare actuellement un bac professionnel en maintenance nautique, multiplie les contacts dans le monde de la voile... et de la course au large ! Au printemps dernier, un stage dans l'organisation de la Pornichet Select 6.50, aux côtés de Grégory Boyer-Gibaud, l’un des membres actifs de l’association, lui a mis l'eau à la bouche. En septembre prochain, il intégrera l’équipe technique de Damien Seguin, pour une parenthèse de quelques semaines. Une manière de toucher son rêve du bout des doigts... Forcément, le jeune marin s’identifie beaucoup à l’ambassadeur de l’association, mais il « échange aussi avec d’autres skippers, pour savoir comment ils préparent les courses et organisent leur recherche de partenaires. »

Dans un coin de sa tête, Gauthier, qui aimerait aussi passer son diplôme de moniteur de voile, a un plan de carrière déjà bien tracé. Et des rêves plein la tête, à commencer par la Mini Transat : « Je me verrais bien participer à cette course dès 2021. C’est un gros projet qui me tient à cœur. Traverser l’Atlantique seul sur mon bateau ? Non, ça ne me fait pas peur. Ça me donne surtout très envie ! » Nous aussi. Alors c’est décidé : on embarquera avec lui !

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